So I just went to Ramsay's new mid-range restaurant IN VERSAILLES, "La Véranda". It has a view on the park of the castle, the part that looks like some very neat country-side, with horses, sheeps, cows and benches. And it was good. It was very good.
All I knew from Ramsay was "Kitchen Nightmares" -a show that I love and find admirable- and his autobiography. I admire the man, and I really hoped that his food would not disappoint. Now it is of course too soon for me to judge Ramsay on the whole (unlike Ducasse), and I hope to be able to report on the gastronomic restaurant soon. But meanwhile, the meal I and other bloggers had at la Véranda was very perfect.
I started with a dish that looked, I must say, quite English. But this tagliatelle with blue lobster was remarkably good. Pasta were very tasty, with this mix of melty and firm typical of good fresh pasta. Maybe the half lobster tail was a tad overcooked. But the mix of sage, saffron, parmesan and tomato was the trademark of a really good chef. It was subtle and powerful, and mostly, did I mention, very good. My young neighbour had a very good risotto with chorizo and parmesan, which was remarkably good too -- it's easy to have a dish named risotto in Paris, but having one that is better that boiled rice is difficult. This one was.
The star of the show was a veal T-Bone that could have reminded many French top restaurants what perfect and precise cooking means. Everything was simple and perfect, starting with the melty potatoes on the side, a salad of many herbs that was well sorted and joyfully fresh. The béarnaise was perfect too. Thyme and rosemary were actually fried and edable.
(The risotto kid had a lamb too, that was delicious.)
Desserts were no disappointment either, especially a vanilla crême brulée with granny smith apple that was super fine tuned and well made. It is a really thought through dessert, well implemented. Another star was the famous coulant au chocolat, let me show you. It was perfectly dosed too, with the exact amount of sugar that tames the bitterness of the cocoa but adds no sugar taste. The caramel ice-cream on the side was smartly and vigorously salted, presenting another approach to the famous chocolate-salt pairing that Conticini put forward.
My overwhelming impression was that there is a really good chef in this kitchen, one that could teach lessons to many of us arrogant frogs. This was all simple and well made. Plus there is tons of room. Couches could seat Horton the elephant, table of five could seat twelve, and there's that very pleasant view and light. The wine list is short but hard to chose from because of its careful selection. That was an 85 eur meal, including one bottle of Chateau Simone (80 euros) for five.
You know, on the one hand, it was so good that I want to try the gastronomic restaurant asap. On the other hand, I am not sure how it could be much better with the same style. Anyway, stay tuned
mercredi 23 avril 2008
Ramsay, yeah!
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Libellés : France 2007, Restaurants
lundi 25 février 2008
Un petit coup de gueule
Je n'en reviens même pas du silence assourdissant sur la loi Dati. Ségolène est là pour dénoncer la vie de milliardaire de Sarkozy, parce que ça c'est grave. De Villepin et même mon héros de l'année dernière Bayrou se précipitent pour dénoncer la "dérive monarchique". On regarde le plan banlieues en se demandant si c'est plutôt rien ou pas grand'chose.
Et puis alors il a été grossier avec le monsieur au salon de l'agriculture. En voilà des questions graves.
Mais déjà, la polémique sur Guy Moquet ou sur la "mémoire à l'école" tournent court. Il semble que personne n'est gêné par l'indécence d'un président qui, non seulement se croit autorisé à s'inviter dans les programmes scolaires (et nous parlons ici d'un vrai professionel de l'ignorance), mais en plus prétend le faire sur le mode le plus honteusement émotionnel et irréfléchi.
Pendant ce temps, la jolie beurrette et future maire du 7ème est juste en train de mettre fin à l'état de droit, pour le compte du Bénito des banlieues. Et le Conseil Constitutionnel n'y voit rien à redire : bien sûr qu'on peut priver quelqu'un de liberté pour un crime qu'il pourrait commettre. Il y a bien un petit problème de rétroactivité, qui contredit un principe essentiel du droit et des sociétés civilisées. Mais l'enfermement préventif, pensez-vous ma bonne dame, il faut ça pour ces monstres violeurs. C'est la décision souveraine de l'Assemblée et du peuple français, et si t'es contre, t'es à la fois pro-crime et anti-démocratie.
Bayrou, Ségolène, Villepin : c'est bien beau de dénoncer le populisme de Sarkozy, son train de vie et ses méthodes. Mais franchement, que Badinter soit le seul et le dernier à se tenir droit face face à la fin de l'état de droit et au triomphe de la politique de la peur et de l'aliénation, ça vous mettrait un peu mal à l'aise si vous pensiez qu'on peut s'adresser à l'intelligence des gens et qu'on peut vouloir construire un France meilleure.
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Libellés : En français, France 2007, Politique
mercredi 23 mai 2007
Et maintenant, Bayrou?
Une digression d'abord: je lis que "Le délitement des deux extrêmes a réduit la marge d'incertitude et favorisé l'émergence d'un espoir centriste". L'émergence du centre n'a-t-elle pas, inversement, permis aux deux partis traditionnels de capter les franges excitées de leur électorat. Bayrou, force d'appoint des socialistes pour les attachés à droite, frère jumeau de Sarkozy pour les suiveurs de Hollade. Sarkozy dit qu'il a fait reculer Le Pen: c'est vrai. Mais aurait-il pu le faire sans Bayrou? Et même, n'y a-t-il pas été contraint (pour son plus grand bénéfice sans doute)?
Ceci dit, un coup de gueule encore:
C'est dommage que le discours centriste (et le socialiste aussi d'ailleurs) se résume à l'idée de troisième voie, d'équilibre des pouvoirs.
Comme l'article auquel je faisais référence le pointe, le destin du centre et des radicaux, c'est de se faire piquer ses idées. C'est vrai dans l'histoire de la Troisième République comme dans celle du scrutin présidentiel de cette année (par exemple le co-développement, le budget, les meilleurs à gauche et à droite).
On peut trouver ça injuste, mais le centre n'est qu'une blague si il ne défend pas d'idées. Au début de la campagne, Bayrou proposait des idées assez fortes et claires. Tant mieux si on lui a pris. C'est qu'elles étaient bonnes et qu'elles font leur chemin.
Mais on ne l'entend plus parler que de dépasser le système bipolaire. C'est sans doute intelligent de favoriser le dialogue et la construction de consensus. C'est aussi peut-être ce que l'électorat a besoin d'entendre (ça reste à prouver) et c'est un message clair et facile à comprendre.
Mais bon, si Sarkozy favorise le co-développement, l'ouverture politique, et le ferroutage (ce qui reste à prouver dans les faits bien entendu), on peut le dire. Et surtout on peut passer à un autre combat si celui-ci est gagné. "Si".
C'était, à mon avis, une force de la campagne de Bayrou que son caractère kamikaze. Continuons: parlons de ce qui ne va pas dans les plans de Sarko, à propos de l'école, de l'emploi, de la franchise médicale bien sûr. Rompons avec l'idée qu'on ne peut rien faire si on n'a pas tous les pouvoirs, comme le Président, et continuons à faire des choses en imposant des idées. Qu'on nous pique, et alors?
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Libellés : En français, France 2007
Veux-tu bien laisser le petit garçon tranquille?
Mon Nicolas,
Tu sais que je t'aime. Mais je voudrais que tu te contrôles de temps en temps. Ton premier acte de Président de la République, demander qu'on lise la lettre de Guy Moquet dans les classes, est odieux et absurde.
Il a raison, le prof dans Libé: d'abord ça te regarde pas. Ensuite, si tu veux vraiment t'immiscer dans les programmes scolaires, ça doit être en parlant de ce qu'on fait à l'école, c'est-à-dire apprendre, développer l'esprit critique. Pas en nous donnant du larmoyant sans explication, même si je sais que ça t'as réussi dans la campagne présidentielle.
Non, Nicolas, on peut pas faire ta campagne dans les écoles. Oui moi aussi elle me fait pleurer la lettre, Nicolas. Les enfants qui meurent et les parents qui survivent, ça fait pleurer.
Mais si tu veux t'occuper de l'école et même de l'identité nationale et de l'économie, mon grand, occupe-toi que les mômes apprennent à lire et à écrire, et même à réfléchir et à discuter.
Allez, je suis pas faché, et je suis sûr que ton action n'aura pas les relents crypto-fascistes de ton discours. On ne t'appellera Bénitozy que pour rigoler.
Je compte sur toi, hein?
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Libellés : En français, France 2007
vendredi 4 mai 2007
Sarkozy: évidemment!
Avez-vous remarqué que le petit Nicolas, celui qui a changé, qui est gentil, ment très peu pour un homme politique ambitieux, et héritier de Chirac?
En l'écoutant(pensez si j'aime ça!), j'ai trouvé frappant que sa stratégie de discours, plus que d'autres, repose en grande partie sur le fait de ne dire que des évidences, des choses incontestables. Lesquelles sont par ailleurs sans rapport avec le sujet dont on parle.
Ainsi, la polémique sur "l'immigration et l'identité nationale": dans toutes les explications ultérieures, il nous a expliqué que les immigrés doivent connaître et respecter ce qu'il appelle "nos valeurs", "notre identité nationale" et dont il dresse une liste: la monogamie, l'égalité homme-femme, la laïcité, etc. Imparable. Il a raison de dire ça. Qui le contesterait?
Mais notons que ça n'a rien à voir avec des valeurs, moins encore avec l'identité nationale: ce sont les fondamentaux de la légalité dans tous les pays occidentaux. En théorie, au problème initial lié à l'affirmation implicite que l'identité nationale est menacée par l'immigration, s'ajouterait donc celui qu'un ministère devrait définir précisément notre identité.
C'est en écho avec l'idée que la France, on l'aime ou on la quitte: en soi, ça me paraît assez défendable (en faisant abstraction du fait qu'on n'a pas toujours le choix). Mais qui est-ce qui va me dire si j'aime la France ou pas? C'est à moi seul d'en juger. D'ailleurs, je l'ai un peu quittée ces derniers temps. Pourtant je l'aime. En tous cas, qu'est-ce que ça a à voir avec de l'action politique, du gouvernement?
Il y a aussi "si la gauche vaut être du côté des fraudeurs, c'est son droit etc.". Qui peut contester une telle phrase? C'est un syllogisme parfait, dont le prémisse n'a juste aucune raison d'être. La phrase est strictement vraie.
J'ai déjà parlé du fameux "programme": valeur travail, pouvoir d'achat, propriété, République irréprochable. On ne peut pas ne pas être d'accord avec ça, si? En quoi ça constitue un programme d'action, ou en quoi il est vraisemblable que notre Kozy d'amour y contribue, ou en quoi est-ce que c'est une vision politique, un projet de société: toutes ces questions ne se posent juste pas.
Et la femme violée qu'il a reçu dans son bureau, qu'il évoque en réponse à une question sur les peines planchers? On partage tous cette compassion et cette indignation. Ce n'est même pas que les solutions que proposent Sarkozy sont contestables: c'est qu'on n'en discute pas. Pas du tout.
Et puis pourquoi on l'aime pas? Tiens oui, c'est vrai au fond, pourquoi? Mais je l'aime, moi! J'aimais Chirac aussi. Je crois qu'une soirée à l'ambassade d'Auvergne avec l'un, au théatre Marigny avec l'autre, seraient de très bons moments. je t'aime, moi, Nicolas. Je veux pas que tu sois président, mais je t'aime.
On pourrait multiplier les exemples, le débat du 2 mai n'a pas fait exception, moins encore les meetings et les interviews. Mais j'attire votre attention sur ce qui me semble être un motif: notre Kozy d'amour ne dit presque jamais rien de contestable. Il a une stratégie du "sans rapport". Il parle juste d'autre chose que de ce qui est en débat.
En ça, les Guignols sont totalement à côté du personnage. J'y reviens encore: c'est un clown, un personnage de Ionesco. Une caricature plus vraie nous le montrerait nous parlant des victimes de viols quand on le questionne sur la liberté de la presse, nous parlant de ses sentiments quand on lui parle de la séparation des pouvoirs, nous parlant de liberté quand lui parle de choix économiques et sociaux, et de morale quand on lui parle d'échec scolaire.
Ah, c'est pas une caricature?
Ça ne le rend pas moins important, sérieux, peut-être même sincère, et qui sait ce qu'il fera comme président? Mais je crois que c'est une caractérisation assez juste de sa stratégie rhétorique. Amis linguistes et rhétoriciens, comment s'appelle cette eau chaude que je viens de réinventer?
Je crois qu'il est clair qu'il y dans cette structure dans son discours quelque chose de profondément politique, pas nouveau: le pouvoir politique se détache par nature de la réalité, il la reconstruit, comme de Gaulle a réussi à faire de la France un vainqueur de la Seconde guerre mondiale contre l'évidence, contre les faits.
Mais ce que je trouve remarquable, moderne peut-être chez Sarkozy, c'est justement qu'il ment si peu. La France vainqueur de la guerre, ou le Français une des deux langues de travail de l'ONU, la modernisation pompidolienne de le France: ce sont des contre-vérités dont le pouvoir politique a fait des réalités.
Par contre, les évidences du petit Nicolas sont des vérités sans rapport avec la choucroute. Peut-être que son sacre couronne cette nouvelle ère des politiques sans aucune influence sur la réalité?
Dans la septième saison de West Wing, Josh explique qu'il y des questions sur lesquelles il ne sert à rien de débattre, parce que soulever ces questions, c'est donner des points à un camp, sans que les arguments comptent. Ainsi, sécurité nationale= républicains, et aucun argument, aucune preuve ne peut ébranler cette certitude politique inébranlable.
De fait, les Etats-Unis, toujours dix ans en avance sur nous, ont déjà élus leur Sarkozy. Peut-être aurons-nous notre Barack Obama après deux législatures Sarko, nous aussi?
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Libellés : En français, France 2007
jeudi 26 avril 2007
J'ai trouvé!
Je sais pas vous, mais je cherche depuis le soir du 1er tour une bonne raison de voter Ségolène. D'un coté, bien sur, il y avait le Sarkozy autoritaire, mais en le voyant avec l'air ravi évoquer Jeanne d'Arc à Rouen, j'ai réalisé que notre Mussolini en herbe, c'était plutot Bozo le clown. "Alllllèèèèz, je vououous embbbrassseuh", disait-il à la copine de la jeune fille, dans son portable. Et pourquoi on est si méchant avec lui? Alors qu'il a juste "soulevé le problème" de l'inné et de l'acquis, hein? Et puis "c'est quand meme formi-daaab' ce parti ssocialis'", non? (Ca, note...).
C'est juste un gars très gentil, quand on le contrarie pas: il dit ce qu'on a envie d'entendre. Un peu comme Ségo, note. Bon, c'est pas comme ca que je vais les différencier. Le spectre du néo-libéral, ca marche pas non plus. D'abord je suis pas sûr que ca soit plus effrayant que le dirigisme effrené de la terrasseuse auto-proclamée du Phénix du Haut-Poitou. Et puis je suis assez certain que c'est l'héritier de Chirac: il ne fera rien qui lui coûte quoi que ce soit. Il pourra même faire des trucs bien qui ne coûtent rien, comme de reconnaître la responsabilité de la France de Vichy.
D'habitude, dans ces cas-là, je me dis " je vais prendre le candidat de gauche, au moins ça fera une différence pour les libertés publiques". Mais là, la fille du colonel qui aime la rapidité de la justice chinoise? Qui veut des militaires partout? Qui humilie les jeunes militantes? Pas glop.
Les entourages ne me paraissent pas discriminants non plus: Mélenchon, Dray, Montebourg? Ou Balkany, Devedjian, Fabius? Hollande si malin qu'il aime mieux tenir son parti que gagner, ou les UDFs pro-sarko qui déversent leur fiel sur Bayrou pour un petit nonos, pour des flatteries du flatteur?
Et puis est arrivée cette histoire de débat avec Bayrou. D'abord, j'ai trouvé que c'était, pour une fois, malin de la part de Ségolène: elle démontre son ouverture sans prendre de risque, elle essaye de prendre le béarnais à son propre jeu. Tu veux les meilleurs de gauche et les meileurs de droite? Ben voilà les meilleurs de gauche, déjà. Le Bayrou, contrairement à ce qu'on nous racontait, s'est pas décomposé parce qu'il n'était pas au deuxième tour. Il a tenu bon, il veut bien débattre, mais pas participer au gouvernement. Il veut créer un nouveau parti, il a au moins (et ca le différencie des deux autres....) le mérite de la cohérence.
Du coup, on voyait se dessiner quelque chose de sérieusement nouveau. Meme dans la pression de la campagne, on entend des voix vraiment divergentes, des deux cotés. Mélenchon et Hollande excluent ce que Strauss-Kahn dit inévitable, nécessaire, logique. Raffarin(au Grand Journal du 25 avril) salut l'attitude que Robien (ahah) trouve "immorale". Et surtout, ce second tour est en train de se jouer autour d'un candidat éliminé qui, sans parler beaucoup, fait les gros titres, éclipse les deux qualifiés. En tous cas, mercredi 25, qui sait ce que Ségo et Sarko ont dit à la téle le soir, alors que le Francois faisait sa conférence de presse pour dire qu'il soutient Bronislaw Geremek?
Bon, ca me disait pas si je dois voter Ségo ou blanc? Peut-être si elle nous montrait une équipe? Si elle donnait plus de signes qu'elle veut faire équipe avec DSK? Des assurances pour la recherche peut-etre?
Mais l'histoire du CSA est venu. La droite m'a rappelé qu'en dernière analyse, il y a un point sur lequel elle ne transige pas, jamais: le pouvoir, c'est elle. Les autres sont des imposteurs. C'est leur pays. Tu les aimes pas, tu le quittes. Pas de débat Bayrou-Ségo. Interdit. Sarko veut pas. Il l'a dit: le deuxième tour, c'est comme la finale de la coupe du monde. (De 1998, pas 2006).
Et donc, je me suis rappelé: la seule différence certaine, significative, c'est que le CSA, le conseil constitutionnel, le procureur de Nanterre, sont noyautés par les héritiers de Barre et de Papon, ceux qu'on n'a pas le droit de nettoyer au Kärcher.
Alors voilà, je vais voter pour Pétain-ette pour faire barrage aux hordes sanglantes de Bozo le clown charmeur.
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Libellés : En français, France 2007
vendredi 20 avril 2007
Coup de gueule sur l'union au centre
Un petit coup de gueule en réponse au rebond d'Alain Richard dans Libération et à tous les ayatollahs de "la gauche, c'est la gauche".
Il a raison, Richard, l'alliance au centre, c'est l'éclatement de la gauche.
Pourquoi diable est-ce qu'on essaye de nous obliger, nous humanistes de gauche, à cohabiter avec les dogmatiques de la gauche anti-libérale et anti-marché? Nous faire croire qu'on ne peut pas être généreux si on veut laisser une place à l'initiative individuelle et aux réalités économiques? Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas dire que la protection des salaires, celle des loyers ont l'effet inverse de celui qu'on recherche, qu'elles gardent effectivement les pauvres en dehors de l'emploi et du logement? Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas dire que les jurys citoyens sont une idée démagogique et épouvantable, le contraire de la démocratie?
Pour une gauche sérieuse et ambitieuse, pour les pauvres, pour le progrès, dynamitons le PS!
Je me vote aussi un bon point pour n'avoir pas dit un mot, cette fois, de la personne de Ségolène.
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Libellés : En français, France 2007
vendredi 23 mars 2007
Pourquoi s'occuper tant des causes du réchauffement climatique?
Pourquoi est-ce que la discussion sur le réchauffement climatique se concentre toujours sur la seule question de savoir ce qu'il faut faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre? Si j'ai bien compris ce que j'ai lu, il est vraisemblable que, même en arrêtant maintenant ce qu'on peut arrêter, on aurait de toute daçon des dizaines d'années de réchauffement significatif devant nous.
Il me semble donc que, dans ce cadre, la question la plus urgente ne devrait pas être de stopper les causes, mais de s'occuper des effets.
Outre l'ouverture de nouvelle routes maritimes, on peut s'attendre à des immersions de zones côtières, à des modifications de fertilité importantes, des régions fertiles devenant désertiques, des régions forestières plus facilement cultivables.
En conséquence, il est vraisemblable que de très forts mouvements de migration sont à attendre. Et aussi des conséquences importants sur l'approvisionnement en eau douce, par exemple, qui est pourtant déjé problématique sans cela.
Alors pourquoi nous concentrons-nous avec tant de passions sur les causes d'une catastrophe annoncée et inévitable? Y aurait-il quelque jouissance à n'envisager les problèmes graves que sous l'angle de la mauvaise conscience et de la désignation des coupables?
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Libellés : En français, Environnement, France 2007
Atouts de Bayrou
15 mars 2007
1. Une proposition crédible de changement.
Dire que le projet Bayrou est creux ou vague semble signifier essentiellement qu'il n'y a pas un parti pour le mettre en œuvre. Mais on ne peut pas dire que ça ne repose sur rien, quand seul il est le seul à oser annoncer la couleur quant à la dette et à promettre de réformer l'état, quand, face à la désintégration sociale, son approche politique même remet les bonnes volontés au cœur du système, ou bien quand il fait de l'éducation nationale, non pas une priorité parmi d'autres, une priorité rhétorique, mais la seule priorité budgétaire, le seul poste échappant à l'allègement.
La force du projet de Bayrou et d'identifier la crise actuelle et de proposer des pistes pour en sortir qui sont crédibles et qui, en tous cas, n'ont pas été tentées. Mais j'en reparlerai.
2. Le refus du partisanisme
Le refus du système des partis est un élément essentiel qui rend ce projet crédible.Il ne serait pas possible de croire à une promesse d'interdiction du déficit de fonctionnement venant du PS et de l'UMP, qui sont pris dans des logiques partisanes, claniques et politiques rigides.Le refus des logiques partisanes, et en somme des logiques de conflit, est une caractéristique de la candidature Bayrou. Il ne s'agit pas d'un projet "ni droite ni gauche", (ce qui veut le plus souvent dire d'extrême droite), mais d'un projet d'union, comme on l'a beaucoup dit. Ceux qui nous disent que ça ne marche pas n'ont jamais voulu l'essayer.
Et pourtant, dans ce pays en crise, en déclin économique, qui n'investit plus dans sa recherche et son enseignement, dont la société est en voie de désintégration avec plus de cinq millions d'exclus, ou plus de 20% des élèves ne savent pas lire en sixième, et dont les seuls intérêts de la dette absorbent plus que l'impôt sur le revenu, est-il vraiment raisonnable, et utile, de continuer à considérer comme indépassables les oppositions droite et gauche, économie et social, jeunes et vieux, immigrés et identité nationales, profs et élèves, fonctionnaires et travailleurs du secteur privé, riches et pauvres, banlieues et centre ville, bobos et France d'en bas, Vel Satis et 607?
Strauss-Kahn a bien raison de dire qu'on ne parle pas des vrais problèmes dans cette campagne, et que ça explique le succès de Bayrou. Ce faisant, il reconnaît implicitement que Bayrou aborde ces vrais problèmes, et qu'il est récompensé pour ça.
Sur ces questions fondamentales de la dette, de la désintégration sociale, et de l'absence d'investissement dans l'avenir, qui n'est pas d'accord?Le fossé entre Strauss-Kahn et Borloo est-il plus apparent qu'entre Strauss-Kahn et Emmanuelli? (Pour ne parler que des bons vivants).
Il est d'ailleurs frappant à cet égard, qu'on continue à sur-interpréter les déclarations et les écrits des uns et des autres pour les ramener à des positions partisanes. Strauss-Kahn dit qu'il refuse d'envisager l'hypothèse de Bayrou président, et on dit qu'il refuse de s'allier avec lui. Alors qu'il l'a appelé à former "une belle majorité pour faire battre Nicolas Sarkozy". Joffrin écrit que Bayrou, c'est le saut dans l'inconnu, la page blanche, peut-être ce que les français veulent, et on dit qu'il est hostile à Bayrou.
Partout, tout se passe comme si on refusait de faire abstraction une minute de ces dichotomies incontournables. Combien entend-on de témoignages comme celui de ce monsieur sur le quai de gare qui nous expliquait que "Bayrou, il a toujours été du côté des patrons".
On vient tous de quelque part. Sarkozy, c'est Pasqua le mafieux et Chirac le traitre. Ségo, c'est Mitterrand l'économiquement incompétent (ce que je trouve mieux, mais tout le monde n'est pas de mon avis).
3. Le positionnement politique... "iconoclaste"
Imaginons Bayrou élu. Quelles sont ses chances d'être réélu? Arrêtez de rire! Il n'aura pas un parti derrière lui. Ca lui coupe la possibilité qu'ont habituellement les autres: élus sur un programme, ils mettent leur bande au pouvoir, et gouvernent selon la ligne de moindre résistance avec les prochaines élections dans le viseur. C'est pas pour leur jeter la pierre: c'est la logique du système même. Mais c'est quand même pour ça que, en toute logique, la dette, qui n'a pas de coût politique, s'accumule. Et que l'investissement, la recherche et l'éducation sont négligés au profit des routiers et de tout ce qui peut faire le plus de dégâts immédiats.
Bayrou, venant d'une UDF déplumée depuis qu'elle n'est plus la façade centriste et pro-facho à la fois (rappelez-vous de Plunkett et les éditorialistes UDF du Figmag...) du RPR/UMP, n'a simplement pas les moyens de jouer ce jeu-là. Il n'est que de noter comment tout le reste du paysage politique parle de lui, pour le crédibiliser comme candidat anti- "système des partis".
Pas "antisystème", note. Bayrou, il croit à la démocratie, à l'entreprise, à l'école républicaine et plutôt laïque (je me souviens de la loi Falloux quand même: mais je considère que Strauss-Kahn dans son gouvernement serait un garde-fou suffisant si ses penchants bigots ressurgissaient). Donc c'est juste du système politique qu'on parle, celui qui, comme Bayrou l'a dit abondamment, se partage entre deux bandes rivales.
Et puis imagine-le pas élu, le François: qu'est-ce qu'il fait? Il est pas bien positionné pour un maroquin où que ce soit, le Béarnais. Bon bien sûr il préparera la Présidentielle 2012. Mais c'est loin.Il a raison de dire que les français, s'ils l'élisent, lui donneront une majorité. Mais ils ont raison aussi, ceux qui disent qu'il n'aura pas un grand parti derrière lui.
Ce reproche sur l'in-gouvernabilité, c'est précisément ça qui le rend crédible quand il dit qu'il dépasse les clivages. Il y a incohérence entre dire qu'il ne pourra gouverner et dire qu'il est toujours autant de droite. A cause de ça, la tentation pour lui de dévier de ce qu'il a promis (l'approche non partisane, la guerre agressive au déficit de fonctionnement, la priorité réelle à l'éducation et à la recherche, etc.) sera moindre que pour les autres.
On peut faire confiance aux hommes, mais il est préférable que les situations les épaulent.Bayrou, on se moque, mais il est enchaîné par son positionnement iconoclaste. Les autres ne peuvent pas en dire autant. Enfin si, Ségolène restera une femme pour longtemps, et comme c'est son principal engagement de campagne...
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Libellés : En français, France 2007
Programmes et attitudes
8 mars 2007
J'avertis d'emblée: ma vue est biaisée car je crois que, dans une démocratie, on peut s'adresser à l'intelligence des électeurs, et qu'on a tort de les mépriser en les réduisant à un ensemble de peur.
Pourquoi reprocher en particulier à François Bayrou de n'avoir pas de programme? Il propose manifestement des choses assez concrètes et dont tout le monde sait qu'elles sont souhaitables: le refus du déficit de fonctionnement budgétaire, la simplification administrative, la priorité à l'investissement et à la recherche, l'exigence de présence pour les députés.
Quelqu'un peut-il me dire ce que Ségolène et Nicolas proposent de possible? La posture de Ségo est morale. C'est peut-être en ça qu'elle est de gauche, mais c'est aussi en ça qu'elle fait fond sur une certaine tradition vieille France, non sans évoquer Pétain. Ségolène nous dit "avec moi, le changement il est là". Et que c'est manifeste parce qu'elle est une femme, une mère. Elle "l'assume dans sa relation au pouvoir".
Son programme économique, c'est l'invocation du "gnangnan", pardon, du "gagnant-gagnant", dont on a bien l'impression qu'elle même ne comprend pas le concept. Pas parce que c'est une femme, note. Sur ce point elle peut en effet fièrement se dire digne héritière de François Mitterrand, obligé de demander à Rocard pour comprendre quelque chose à l'économie.
Son programme social, c'est la féminité et le préjugé. Ainsi cette première loi annoncée, contre les violences faites aux femmes, qui nous promet qu'il ne sera plus nécessaire de porter plainte pour éloigner le conjoint mâle du domicile familial. Sans même parler de la discrimination manifeste qui consiste à inscrire dans la loi que par définition, ce sont les hommes qui battent les femmes (il y a un pas d'une réalité statistique à une discrimination juridique), il s'agit donc d'entériner l'idée que l'accusation, la délation simple, sont des façons appropriées de réguler la société.
Le fonds vieille France, avec ses préjugés et sa bonne conscience, se manifeste aussi dans la sélection même de la candidate, après tout la seule "française innocente", (i.e. pas juive), dans les termes de Raymond Barre des trois candidats socialistes. Et plus encore dans la stratégie de débat avec les opposants: Sarkozy, "néo-conservateur américain à passeport français", n'est qu'un étranger. C'est pour ça qu'il est méchant. Pas français.
C'est qu'elle a la politique "chevillée au corps", comme Pétain qui lui aussi, faisait don de son corps à la France. Et puis elle sourit. C'est tellement génial.
Et Nicolas? Lui, c'est l'attitude homme. Pas femme. Donc, litanie des préjugés inverses de ceux présidant à la campagne de Ségo: viril et énergique, compétent, protecteur, mais pas si proche de nous. Et puis, comme nous le montre les Guignols, en fin de compte, il voudrait bien leur casser la gueule, mais ils se contrôle pour l'instant. Pas de programme non plus, on ne sait pas ce qu'il veut changer d'important en France, sans même mentionner, bien sûr, qu'on ne sait toujours pas pourquoi il ne pouvait pas agir depuis le gouvernement, et il ne pourra que comme Président.
D'ailleurs, allons voir sur son site le "programme": président qui tient ses engagements". OK, quels sont-ils? "Président du pouvoir d'achat", "président de la valeur travail", président de l'accession à la propriété", "président d'une démocratie irréprochable". C'est tout. Notez bien que je suis entièrement favorable à avoir de l'argent, à posséder mon appartement, et à avoir des hommes politiques honnêtes qui n'utilisent pas leur fonctions électives pour avoir des ristournes immobilières.
Mais les maux français sont la dette, la désintégration sociale, le chômage bien sûr, la régression de l'éducation, la faiblesse des investissements et de la recherche, et les corporatismes qui favorisent l'immobilisme. Qui, des trois candidats, contesterait ce diagnostic?Dans l'ensemble, donc, des attitudes seulement.
Et, quand ils parlent de Bayrou, l'affirmation indubitable qu'il faut être, soit de droite, soit de gauche, et que c'est ce qui compte. C'est d'ailleurs bien pour ça qu'on a eu un second tour gauche-droite en 2002. Et d'ailleurs, nous rappellent les intellos du Nouvel Obs, le vrai débat politique, c'est les partisans du marché contre ceux de l'Etat social. Une vraie opposition fondamentale, et qui marche. Libéral ou alter-mondialiste, choisis ton camp, camarade.
Qui ne voit pas que ceux qui affirment qu'on ne peut pas sortir de l'opposition droite-gauche ne font d'ailleurs renforcer celui qui questionne sa valeur éternelle et indépassable?
Qu'on critique le programme de Bayrou, qu'on attaque même sa personnalité, sa crédibilité. Mais qu'on arrête de nous prendre des imbéciles et de vouloir nous faire peur en nous disant que voter Bayrou, c'est faire le jeu des extrêmes. Et par là on veut bien évidemment dire Le Pen car, même si on ne croit pas aux sondages, on n'a pas peur de Besancenot, Arlette et Voynet ensemble parce qu'ils sont très bas dans les sondages.
Empêcher Le Pen d'être au second tour est-il d'ailleurs un enjeu majeur? Il y a un jeu démocratique, et les électeurs ont le droit d'envoyer le signal qu'ils ne prennent pas au sérieux, non sans raison, les propositions "modérées" qu'on leur fait.
Bayrou a une attitude aussi bien sûr. Et un discours politique, sur le refus de l'alternative préfabriquée et artificielle. La différence, c'est que ce discours vient à l'appui de son programme, renforcer sa crédibilité. Il explique ce qu'il veut faire, et il explique comment. Puisqu'aussi bien l'immobilisme français est de toute évidence ancré dans les pratiques politiques existantes, Bayrou est plutôt plus crédible qu'un autre quand il ne prétend pas faire ce que chacun sait qu'il faut faire dans le même environnement politique qui a empêché ces réformes de se faire.
Et puis, la stratégie de Bayrou est suicidaire. Il ne ménage visiblement pas ses arrières en cas d'échec, et on ne peut guère reprocher à sa stratégie du tout ou rien de ménager la chèvre et le chou.Il suffit aux candidats et candidates d'expliquer ce qu'ils veulent faire pour sortir le pays de la crise. Et de s'adresser à notre raison plutôt qu'à nos peurs. On n'est pas bêtes, pas méchants, on mord pas. Mais on vote.
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Julot-les-pinceaux
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Libellés : En français, France 2007